deux femmes méconnues qui ont contribué à la recherche scientifique

Jeanne Villepreux-Power (1794-1871) est née en France dans un milieu rural très modeste (d’après une lettre à sa mère, à 18 ans elle savait tout juste lire et écrire) elle est d’abord l’assistante d’une couturière, puis, à la faveur de la confection d’une robe de mariée pour un mariage princier, rencontre celui qui deviendra son mari, un aristocrate sicilien. Elle va vivre en Sicile, et se consacre alors à l’étude de la flore et de la faune marine de l’île (elle écrit un guide touristique à l’usage d’un public scientifique, où elle décrit et dénombre 66 espèces d’arbres, 250 espèces de crustacés et bien d’autres choses..) l’étude de certains de ses écrits italiens montre qu’elle a acquis une maitrise de cette langue encore supérieure à celle de la langue soutenue de la bonne société.
Elle fait ensuite une étude sur l’argonaute (un genre de poulpe avec une carapace) car un des problèmes scientifiques se posant à l’époque est celui de savoir s’il parasite la carapace ou si c’est la sienne propre. Elle montre aussi le profond dimorphisme sexuel caractérisant cette espèce ( en fait, le mâle est quasi microscopique 😉 il y a également des dessins extrêmement beaux qu’elle a réalisé sur les argonautes. Elle invente l’aquarium pour observer tout cela (en fait c’est une sorte de cage au départ, avec des petits barreaux en bois) elle a bénéficié du fait que la recherche en biologie marine n’était pas encore institutionnalisée (pas avant la fin du 19e) donc pas nécessité de diplômes pour faire des découvertes et avancer des hypothèses. Elle faisait partie de 15 sociétés savantes de l’époque.

Marie Goldsmith est la fille d’un exilé russe, sa mère a fait des études de médecine donc milieu plus aisé et libéral qui lui permet des études. Elle a étudié la théorie de l’histoire de l’évolution et a cosigné plusieurs livres avec Yves Delage, un grand scientifique et vulgarisateur. Sa particularité est qu’elle tente de penser conjointement sa pratique scientifique et son engagement politique anarchiste ( elle est l’amie de Pierre Kropotkine, penseur anarchiste, dont elle a traduit un livre: « L’entraide, facteur de l’évolution » et elle a avec lui une correspondance énorme, qui n’a pas encore été traduite en français) elle collabore à des revues anarchistes (« Plus loin ») et à la revue « L’année biologique » qui fait une recension annuelle de tous les travaux concernant la biologie. Elle meurt en 1933.

 

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